REORGANISATION DES AEROSTRUCTURES : DECLARATION CGT AU COMITE DE GROUPE

En s’engageant dans la création d’une division dédiée aux aérostructures, la direction d’AIRBUS consolide une activité essentielle et stratégique afin de conserver notre place de numéro un mondial de la construction aéronautique civile. La direction reconnaît que les activités d’aérostructure sont cœur de métier pour un avionneur, validant ainsi le positionnement de la CGT qui s’était opposée à la sortie du groupe des sites de Méaulte et Saint Nazaire lors de la création d’Aerolia.

Cependant, la logique aurait été de créer une entreprise unique pour la France. AIRBUS s’est hissé au niveau qui est le sien actuellement en s’appuyant sur la collaboration des salariés des secteurs du bureau d’études, de la production, du commercial ; ou encore sur la collaboration entre les sites dédiés à l’assemblage des aérostructures et aux pièces élémentaires. C’est bien cette intégration dans un même ensemble qui a été la base de notre succès depuis 50 ans.

La bonne résilience du groupe, depuis un an et demi, démontre qu’AIRBUS bénéficie d’une excellente compétitivité comme le traduisent, le carnet de commandes, le résultat d’exploitation positif de 2020 et les 2,2 Mds d’Euros de bénéfice dégagés sur le premier semestre 2021. Par contre, ce projet soulève un certain nombre d’interrogations :

  • la relation donneur d’ordres / sous-traitant, en particulier la politique de fixation des prix et des frais de gestion imposés par Airbus à la division aérostructure
  • les risques de délocalisation des sous-ensembles à “faible valeur ajoutée” (sous ensembles qui permettent parfois de reclasser des personnels usés par le travail)
  • le partage des investissements et de la recherche et développement (R&D)
  • la spécialisation des sites de production qui les rendrait plus vulnérables

En Allemagne, ce projet fait l’objet d’une forte opposition de la part des salariés, de leurs syndicats et des élus qui craignent des délocalisations vers des pays à faibles coûts sociaux et normes environnementales. Ces craintes sont justifiées puisque la direction met en avant “la réussite” du modèle Stelia qui s’est appuyée sur de la délocalisation low cost. La CGT apporte son soutien aux salariés Allemands qui défendent leurs emplois, et leurs savoir-faire.

Loin de rassurer les salariés, l’actionnaire AIRBUS engage sa nouvelle division Airbus Atlantic et ses salariés dans une surenchère de compétitivité et de baisse des coûts de production.

Dans cette période, où se manifeste une démotivation d’un certain nombre de salariés en lien avec leurs conditions de travail, il est plus que jamais urgent pour la direction de répondre à cette problématique par des annonces concrètes en matière  d’embauches en CDI, d’investissements et de reconnaissances. La CGT, attentive au juste retour des efforts fournis, ne peut accepter qu’une réorganisation, au nom d’une recherche de profitabilité non avouée, se traduise par des gains de productivité auxquels l’ensemble des salariés ne serait pas associé.

Ce projet de restructuration porte en lui une logique de compétition généralisée, dont nous savons par expérience, qu’au bout du bout les salariés en feront les frais par des conditions de travail dégradées, par des menaces de délocalisation et par des dégradations de leur statut social. Ce n’est pas par la compétition généralisée, mais par la coopération d’équipes intégrées que nous pourrons affronter les défis qui sont devant nous, comme par exemple la nécessité de la décarbonisation de l’aviation. En conséquence, la CGT se positionne contre le projet de restructuration des aérostructures.

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