CONSULTATION DES SYNDICATS DU GROUPE AIRBUS : LA CGT S’OPPOSE AUX SUPPRESSIONS DE POSTE

Lors du comitré de groupe Airbus du 8 octobre 2020, les syndicats étaient formellement consultés sur les restructurations dans le groupe avec les impacts sur l’emploi.

Les élus FO, CGC et CFTC se sont abstenus. Les élus CGT ont voté contre les projets de la direction et la CGT a fait la déclaration suivante :

Depuis le début de la procédure d’information / consultation aucun élément concret et factuel n’a permis de justifier le nombre des suppressions d’emplois décrétées par la direction. Les livres II de chacun des PSE sont complètement vides. Tout repose sur la baisse des livraisons actuelles. Or Airbus c’est 10 ans de carnet de commande ; 7500 avions à construire ; un plan de soutien à la filière de 15 milliards ; des enjeux à relever pour une aviation décarbonnée… et pourtant Airbus détruit des emplois.
Dans l’Espace, malgré des prises de commandes records, les suppressions d’emplois sont maintenues !

D’ores et déjà, dans Airbus et dans la filière aéronautique, des milliers d’intérimaires et de salariés sous-traitants ont perdu leur travail. Le très mauvais signal envoyé par Airbus a déclenché, par effet domino, restructurations et licenciements dans toute la filière.
Derrière chaque emploi, il y a un savoir-faire. La casse des emplois est une catastrophe sociale mais aussi industrielle. Par ses décisions dogmatiques, la direction d’Airbus est en train de transformer une crise conjoncturelle en crise structurelle.
Le transport aérien traverse une zone de turbulence et les incertitudes sont nombreuses. Il y a une baisse indéniable d’activité pour une période dont personne ne peut prédire la durée. Le rapport des experts table sur un retour du trafic à 100%en 2023.
Ce tassement temporaire de l’activité devrait être compensé par du chômage partiel longue durée rémunéré à 100% ou par une réduction du temps de travail sans perte de salaire pour maintenir l’emploi et les compétences. Cette période doit aussi être mise à profit pour mener des actions de formations qualifiantes.
C’est ce qui permettrait de maintenir les capacités de cette filière stratégique pour faire face lors du retour à la pleine activité sans une intensification des rythmes de travail avec les risques induits sur la santé des salariés et sans relancer les délocalisations pour pallier aux défaillances des sous-traitants locaux.
Et que dire des risques pris sur la qualité des produits si des savoir-faire sont perdus.

La CGT revendique que les départs de salariés en retraite anticipée soient tous compensés par des embauches. Ainsi Airbus contribuerait à répondre aux attentes des jeunes de tous niveaux de qualification et profiterait de la période de baisse de charge pour les former.

Airbus profite de la situation pour détruire l’emploi dans sa volonté de rassurer le « marché » des spéculateurs boursiers.
Depuis deux décennies des milliards d’euros, fruit du travail des salariés, ont été distribué aux actionnaires et aux cadres dirigeants par le biais de dividendes, de
stock-options et d’opérations d’achat / destruction d’actions.
Aujourd’hui en s’appuyant sur un chantage à l’emploi, Airbus veut remettre en cause des conquis sociaux avec une négociation sur un accord de performance collective. Il
faudrait encore une fois augmenter la compétitivité, c’est-à-dire la productivité des salariés !

Pourtant les salariés ont déjà payé un lourd tribut à la crise sanitaire (congés forcés, rattrapage d’heures, activité partielle…) par des accords signés sans contrainte ni contrepartie. La CGT n’accompagnera pas de nouvelles mesures qui dégraderaient les conditions de travail. La CGT s’oppose au gel salaire. C’est par des augmentations de salaire que l’on évitera la récession économique et la mise en péril des régimes sociaux qui démontrent aujourd’hui toute leur efficacité.

L’avenir du groupe passe par une capacité à se maintenir à la pointe d’un secteur exigeant. Cela passe par des investissements continus. En premier lieu, il faut mettre fin aux tergiversations sur l’implantation de la chaine A321 à Toulouse.
Par ailleurs, en 2016, la CGT du groupe Airbus se mobilisait pour l’aéronautique du futur. Elle appelait les salariés à se rassembler devant le siège du groupe pour une augmentation des budgets de R&D pour préparer le successeur de l’A320. La CGT persiste dans cette revendication et demande qu’Airbus engage des investissements
pour abonder les aides publiques. Pour assurer un avenir à l’aéronautique française et européenne qui réponde aux besoins des populations dans le respect de
l’environnement, il y a besoin de relancer des projets ambitieux.

Pour conclure, la CGT ne peut qu’émettre un avis négatif sur le plan de suppression d’emplois.

Déclaration-CG-Airbus_08-10-2020

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